Au plus grand poète des Lunes Saindoune, Ben Ali 1 CYCLES NOCTURNES
Oh silence pourrissoir Temps quadruple de cruauté : tel Nocher le mentor en transe berce de ses mains walkyries la Chance tympan sur panse bénie par Cybèle il guette sentent la tachycardie la stryge en cadence danse d’anses : hématurie et hurrahs …eaux denses : hématurie douce layette fœtale.
Ô plus de Chance chance de sûre vie Oh Chance dans les limbes les viocs sont aux anges
Parfois lycanthropie n’est plus un mythe. D’autrefois les humanoïdes désertent la fiction. Une preuve ! Interroges Les fosses d’aisances d’îles-lune.
2 Comoriâtre « Autant de fats minent ! » Lais gèrent ces pas sang dont les tripes se desquament tels les desiderata, sujets d’hématémèse dans le sud… -mal nous rit ! Vole aïe ! des si ailes sialorrhée s’emparent des vies-vent telles les ignitions périnatales. -mot dit : levain ! Le fluide des nous s’assèche des foies frustrants : Un des pan ! danse, telles ces mers ces nerfs à l’appel des mousses tiques, part court sur le sable relaps. …au rythme de l’inanition …au rythme du thème peau : Combler le vide stercoral ! Vire vole tend eaux ragent ; si clonent de choéphores eaux nuent… et rien Tel un bob des nards à M’tsamboro …pélamides à onze heures…Sisyphes …Conte à rebours . : « d’autres épient des myes ,ravagent une pitance onirique. » Oh! lie. Gare chie! 3 LES MAUX D’UN POEME
Hé !beau là. souris sur la langue pâteuse de soliloques… - Ah !sure penser, aiguails viagers …îles-lune lithogènes…
Collent les rats dans les creux des panses ballonnées des devins eunuques… - Maudites muses des images fertiles des nuits martyres.
Camp serre les dévots des prières avortées. Prières à « bons dieux ». sourd par cupidité… - Dos mine eau eau des puits lacrymaux.
Peste d’une voix noire d’albâtre la smallah gigolo de l’agoraphobie de la théogonie à travers son manuscrit frontal : «Ô céans Recueillement ».
4 OMBRES MARINES
Cris et détresses Du tréfonds des abysses Martèlent mes tympans Cassent mes nerfs Et vident le sang.
Nuit et jour Elles me hantent Elles me parlent De corvée de faim D’inanité des traversées : des vies-vent Poussés par ces flots de famine Et de mœurs.
Jour et nuit Ces détenues Enchaînées de goémons abyssaux me manquent.
Elles me demandent De dénoncer Suroît simoun Invétéré Les viocs aux cœurs De dionées Borée vindicatif Qui se passe souvent pour alcyon. sillages.Viols …palétuviers .Passeurs .
Jours nuits Un typhon de cris Déferlent sur mes nerfs mes tympans mon cœur Il me raconte : « Toute vie est une histoire digne d’être comptée. »
Et là Je n’ai pu m’empêcher Je l’ai dite ! je l'ai criée! je l’ai contée! A l’encre de leurs saumâtres cris Car le silence est un crime Un crime silencieux Crimes …silences…corvéables ….corvéables en effet.
5 LE GONMA* DOMINICAL
Mtsimbantsy cerné rythme des crosses et des balles Hamdou endeuillée symphonie des cris et des larmes Ah!aussi Tsembehou infesté rataplan plan plan des bottes et des casses Sur l'heure taons-wabiha-goma -wala-zipidra D'izraïlu mwanadame mènent l'inceste d'yeux sitôt larmes -sueur-sang en cadence executent le gonma dominical Dzialandze-Dzialautsuga-Ntringui-Habaje public énivré du refrain -rime-linceul du 2-3inoubliable
LA NUIT DU 2 MARS 2003.
*La dance du dimanche
6 CONFESSION
Aux oies aux pis d’encens aux rats-mages des futurs ventis : aux vies-vent un jour à vos lots… j’insiste : je ne suis rien rien ni penser ni chair ni baladin : sélénite. ni même badaud.
Aux "vie-la aérée" Aux "cabri au lait" Aux shows sûrs astiqués je persiste : je n’ai d’où je viens je n’ai d’où je viens je suis celui tel le tournesol se tourne vers ses maux tel l’oiseau vole un peu de nudité tel le voyeur partage ses si lances tel le poète crie au tout beau !
Je ne suis pas de cet’ onychophagie familière ni de ces somnambules qui pour eux l’Espoir est une belle-de-nuit. Oui je suis de ceux là : folie est mon refuge familier …
7 L’AUBE NEE SANS…
L’aube née sans maturité. Temps pète dès le nouveau point : Borée vindicatif se noue avec Suroît simoun invétéré : les îles-lune aux aguets …
S’égrène l’incinération Dans les corps tel un chat pelé : coups de thonaire des Ciels ataviques …
L’odyssée a mille vies âges : mi-rage qu’une « nuit »
Tout jour Vivre. Mourir. Vivre.
Chants sons d’îles-lune : sans vivre vivre n’est qu’une histoire…
8 DAMNES INSULAIRES
Un soleil dit vin Agonise marâtre terre rescapée des divinités maudites terre maudite trundra la shitsotsoni* terre malaïka tsi mabawa * dilemme unafasia usi hahatsa * îles-lune l’ombre d’un songe espoir liberté fraternité légitimité sein félicité utopie chances sidérales utopie d’arène utopie sur les pieds des orteils du « bons dieux » seigneur des enfers race impose rage des âges as quémande le crash des anges as as-tu craché dieux mages putain de pays finiras- tu fidèle sans regret ni cicatrice toi ayant reçu tant de bites au cul toi ayant avorté trop d’enfants dans les abysses après un destin dans les couloirs des maudits dieux maudits enfants pleurez pleurez enfants des terres pleurez mais aussi conservez des larmes pour « dans l’ultime séjour »
*fruit inaccessible *ailes ne font pas l’ange *l’indépendance fait dépenser trop de salive
9 BEAUTE INSULAIRE
Nasmiyat ! Nasmiyat chérie, beauté d’îles-lune ! Ta beauté noire me met le cœur à l’envers. Djinn !ou perle venue par-delà la mer ? Ô mpedzi*! Ô je t’en pris !sauve-moi des dunes !
Nasmiyat ! Ô beauté !fleur aux parfums d’îles-lune ! En chiromani* parée de ta beauté noire D’ébène ; quand je t’vois !mes yeux sont ; mais sans voir ! Hé !délivre-moi de ce sentier de la ruine !
Nasmiyat ! Nas …wagu !trundra la pevoni* Mitsana ya shidza! Mawuku baridi! Gizi yaho, trundra, de aman rohoni!
Nasmiyat !tu me fuis comme un oiseau rebelle ! Nas… !Suis –je repoussé du fait d’être un maudit ? Faux ! « Nocturne est gardien des amours éternelles » !
*chérie * grand voile multicolore que portent les femmes comoriennes. *ma …Nas ! Grenade (ou littéralement : orange du paradis) *les jours sont sombres!les nuits fraîches ! *ta saveur, grenade, est la paix dans mon cœur.
10 LE HASARD
« Dieu est le hasard ! Qui ne le sait s’y perd ! » : Comme l’odeur d’un divin jasmin, venue d’Eve, Mon odorat endormi se réveille, ô rêve ! Destinée de jais !je connais déjà mon pair !
Si noire qu’Eve, peint en moi une douce foi. D’où elle me vient ?pour ne.. pour ne pas me laisser Le choix .Noire d’ébène, beauté, cheveux tressés… Ô Déesse !fasses de ce siècle cent fois !
Son séant tremblant me détourne de Dieu. Cruelle !l’envie d’loger aux enfers ; l’envie De voler sa vie de pucelle me ravit.
Déesse !hasard ne serait-il pas Dieu ? Voilà !comme l’ombre le corps chenu, tu pars, Sans que j’ai goût…letchi, feux, case de départ.
11 RETOUR AU SOURCE
Vaillant et humble comme un guerrier Massaï, Sagaie verbale et contes ancestraux par cœur, Héraut ingambe, totem à jamais ne meurt. J’arrive en ce griot, chez les toubabs sans faille.
N’être pas si loin, je flaire déjà les tam-tams Acclamer « gloir... ! ».Impavide, ma transhumance Qui cadence au son du sanza n’est «fol' enfance ». Prompt, sur Kilimandjaro j’y suis, mon kalam.
Sur Sahara se déchaîne un soleil sadique : Tabatière, lait bourru et talibé caducs… Je tiendrais jusques à ce que mon cœur se taise !
Cœur brûlé, chicots, Vieux Port tend –moi la main ! Vain', la vénerie du croque-mort ne prit fin. Chérie : « solitude est un remède qui lèse ».
à feu Bastui ( Farouk Abdérémane) : grand frère , reposes en paix.
12 DEMAIN AUX CIEUX
Par le truchement subreptice de l’archange Gibril*. J’eus visité le « demain aux cieux ». Turban et boubou séraphique radieux, Une houri sublunaire me prit en mariage.
Au Bourg, le Nabab au parfum fut en émoi. Qui l’a touchée était pétrifié en marbre. Et moi, enfin, la panacée de la misandre. Salamalecs, odalisques, je devins Roi.
Ensemble, on s’y baignait aux vifs torrents de lait. Fous, on cueillit le fruit défendu des Ailés. Saints, on vainquit Vamps et qu’en-dira-t-on d’Eden.
Les Mânes à notre exploit m’érigea imamat. Hawa*, arrière-chœur, la fit « miss des fatmas » Seins effrénés, voix d’ylang, voire une beauté tienne…
*Ange Gabriel *Eve
13 DEFI IMMINENT
Oilloih Oilloih Allah Je gravirai la cime des sages J’aurai l’esprit d’un philosophe Et L’âme d’un poète Un apprenti peint ses pas au gré des efforts Oilloih Oilloih Allah A l’aide des lucioles et des gyrins Aux audaces affûtées Sarclant les orties de mon passage On me devra des adages Les efforts conjugués sont judas de la réussite. Oilloih Oilloih Allah Alifère, en partance, même un «vil au revoir ». Or, je serai là Brandissant comme le plus «grand des cratères »*, Vomissant ces mots paires vers : « Va, sûrement tu nous reviendras C’est la loi de l’argile et de l’eau ».
*le Karthala : volcan toujours en activité aux Comores.
Date de création : 02/08/2006 @ 16:32
Dernière modification : 02/08/2006 @ 16:32
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